Les beaux matins de la précarité

S’il y a bien quelque chose que j’ai adoré dans mon expérience de précaire, c’est les réveils chaque matin et particulièrement en hiver. Je m’explique. Quand on s’organise à coucher à -10°C dans sa voiture, l’attitude est solennelle car le risque est grand de ne pas se réveiller le lendemain matin si on est s’est mal organisé la veille. On doit penser à tout ce qui est de l'ordre de la vie et de la mort. Vivre ces moments dans une société infantile basée sur le désir et la peur, relève alors de l’extraordinaire.

Après une nuit froide, on est heureux de vivre tout simplement. On regarde les gens et la grisaille urbaine comme un cadeau car on est encore en vie pour les voir. On ressent alors de la gratitude d'être encore en vie pendant que d'autres stressent de manquer leur train. On se valorise car on a accompli quelque chose de difficile et on peut donc s’en féliciter. Ces matins d’hiver sont indéniablement mes meilleurs SOUVENIRS* de cette période de cinq années de précarité dans ma voiture. Depuis je n’ai jamais connu de si beaux matins.

*Le mot en capitale indique le thème du prochain article

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