La mort à vivre


Nous naissons pour mourir et pourtant nous faisons tout ce qu’il faut pour nous préserver de la mort, notre instinct de survie est ainsi calibré. Cette contradiction nous rend difficile notre approche vis-vis de la mort. Nous cherchons généralement à ne pas y penser en évitant le sujet. Ce qui est juste puisque la mort se vit, elle s’expérimente, elle est au delà de la pensée, des mots et donc des peurs. Personne ne sait ce que c’est de mourir et pourtant nous allons tous passer par là. 

La précarité a l’avantage de nous approcher tous les jours de notre peur de mourir qui est la peur racine de toutes les peurs. Une forme d’entraînement à vivre de manière plus consciente chaque moment de son quotidien en tournant le dos progressivement à tout ce qui nous divertit ou gratifie notre égo. Je me souviens d’une dispute amoureuse avec UNE FEMME* un soir où j’allais couché à -10°C dans ma voiture. La conversation n’avait pas duré très longtemps car je devais me préparer à ne pas mourir.

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La soif du divertissement


Se divertir aujourd’hui est aussi important que gagner de l’argent. D’ailleurs les deux vont ensemble. Comment en sommes-nous arrivés là ? Qu’est-ce qui explique que nous idolâtrons des émissions que nous savons stupides ? La réponse est simple : elles nous font passer le temps sans réfléchir ! Mais à quoi ne voulons-nous pas réfléchir ? Vouloir répondre à cette question demanderait un livre, alors je vais faire court, nous ne voulons pas penser à LA MORT*.

Tout le monde a besoin de son divertissement. Même le SDF dans la rue. Alors lui, bien sûr il ne va pas regarder une télévision qu’il n’a pas mais il va se divertir autrement et souvent par l’alcool qui est ce que j’appelle « le divertissement du pauvre ». La télé est alors dans sa tête. Lui aussi à sa manière, il passe le temps, ce grand « ennemi commun » qui nous mène au trépas. Le divertissement est peut-être un échappatoire momentané mais en aucun cas une délivrance.

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Impopulaire ! Yeah !


J’ai travaillé sur le sujet de l’eau avant de travailler sur le sujet de la précarité, je suis donc habitué à l’impopularité. Ce manque d’intérêt peut s’expliquer de différentes manières, deux me viennent à l’esprit. La premier, c’est mon absence de volonté d’aller chercher le public sur le net, cela demande du temps et des compétences que je n’ai pas. La deuxième explication est que le sujet de la précarité fait peur sur le plan ontologique. LE DIVERTISSEMENT* est populaire car il calme la peur.

Une question légitime se pose : pourquoi continuer à écrire alors que je sais que le sujet est impopulaire ? Car je n’écris pas en fonction de ce que peux me rapporter financièrement un projet ou parce que je cherche une reconnaissance quelconque. J’écris sur la précarité car je pense que cela peut être utile pour quelques uns de mes lecteurs ou likers ou followers. Enfin, « La précarité joyeuse » est basée sur l’autonomie matérielle et psychologique vis-à-vis de la société, je ne fais donc qu’appliquer à moi-même ce que j’écris.

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La limite : liberté ou soumission ?

Dans une société « libre » comme la nôtre, le terme « limite » a bien évidemment beaucoup d’importance. C’est d’ailleurs pourquoi nous voulons gagner (ou rêver à) beaucoup d’argent. Nous voulons une vie avec le moins de limites possibles afin de jouir au maximum de ce que notre société nous donne à consommer. Nous n’y pouvons rien, nous avons été conditionnés comme cela. Ironiquement, nous ne choisissons pas notre liberté ! 

S’il y a bien quelque chose qui rend la précarité si IMPOPULAIRE*, c’est bien son côté limitatif qu’elle impose à notre mental. Nous le constatons tous les jours dans les médias ou les discours politiques qui promeuvent l’économique comme priorité organique dans le champs sociétal. Pourtant selon mon expérience, toute limite constitue un indéniable avantage pour celui qui cherche à s’ouvrir au bonheur qui est une liberté intérieure illimitée.
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Avoir raison d’avoir peur


Combien de fois ai-je dû faire face à l’incompréhension de quelqu’un de raisonnable à propos de ma manière de vivre dans la précarité ? Je n’ai pas compté bien sûr mais j’ai fini par m’amuser de susciter un tel étonnement chez l’autre. La raison rend les choses parfois impossible à réaliser alors que dans la réalité c’est tout à fait possible. Nous sommes capables de faire bien plus que ce que nous croyons savoir de nous. Surtout dans l’irraisonnable !  

Qu’est-ce que la raison sinon un agrégat de connaissances disparates provenant de différentes expériences de son seul passé. De fait, la raison exprime UNE LIMITE* qui prend la forme d’une peur de vivre (ou de revivre) une expérience. Écouter quelqu’un de raisonnable sur un sujet, c’est donc prendre connaissance des peurs de ce dernier. Dans ce cas, il n’y a rien à dire excepté qu’il a raison pour qu’il se calme émotionnellement sinon c’est le débat sans fin, car, comme je l’ai dit dans le précédent article : il a besoin d’avoir raison d’avoir peur.

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« Je ne suis pas d’accord ! » Puis silence…


La précarité est une expérience. Certains le vivent bien et d’autres non. Alors pourquoi vouloir débattre sur cette question ? Cela n’a pas de sens. Je conçois que l’on débatte d’une théorie mais pas d’une expérience. C’est absurde ! Dans « débattre », il y a « battre », cela sous-entend un combat et donc un vainqueur qui sera celui (ou celle) qui estimera avoir RAISON*. In fine, le but de toute cette comédie est de faire taire le contradicteur car le silence donne l’illusion d’avoir raison d’avoir peur.    

Et tous les moyens sont bons ! Ce que je préfère c’est le « je ne suis pas d’accord ! » Suivi d’un silence car pas d’argumentation. Seulement voilà, pour avoir raison, il faut tout de même argumenter. Alors on se sauve par une pirouette en prétextant que l’on est pas d’accord sans dire pourquoi. Et comme on ne le sait pas, on emmène l’autre sur le terrain émotionnel. Je ne cherche pas à avoir raison sur la précarité mais à montrer d’elle des vertus existentielles que j’ai vécues. C’est ainsi ! 

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N’est pas précaire qui veut


De temps en temps dans les journaux, nous voyons des journalistes s’essayer à l’extrême précarité en couchant dans la rue quelques semaines. Une fois l’expérience menée à son terme, ils en écrivent un article. L’idée est noble mais trompeuse. La difficulté que vivent les précaires et particulièrement les SDF couchant dans la rue n’est pas juste matérielle mais psychologique car eux ne savent pas quand va se finir leur « enfer », le journaliste si !

Cela me donne l’occasion de clarifier mon profil de précaire. Malgré avoir vécu la précarité sans connaître la date de fin, je ne me suis jamais senti pauvre car j’ai toujours su quand et comment arrêter mon expérience de précaire à l’instar d’un journaliste. De manière très pragmatique, j’ai utilisé la précarité pour me donner le temps d’écrire et de comprendre modestement notre monde. Voilà pourquoi je ne cherche pas à DÉBATTRE de la précarité mais considérer celle-ci d’un point de vue original car positif.

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N’est pas parasite qui veut


Le précaire est souvent assimilé à un parasite. Qu’est-ce qu’un parasite alors ? Dans ce contexte, un parasite est un précaire bénéficiant d’une aide de l’état. Il est supposé feignant, ne payant pas d’impôt du coup on dit de lui qu’il vit sur le dos des autres tel un parasite. Même si cette colère est selon moi bien compréhensible, elle me dérange car elle est à géométrie variable. Effectivement, il existe une autre espèce de parasites qui passe à travers les gouttes de la contestation populaire, ce sont les banquiers. 

Bien aidées par LES MÉDIAS* qui appartiennent plus ou moins aux banquiers. Pendant que l’on fait un énième reportage sur un cas de fraude caractérisée d’une aide destinées aux précaires, on parle moins des paradis fiscaux des banquiers. Mais cela n’explique pas tout. Une colère a besoin d’une cible pour s’exprimer. Et nous croisons bien plus un précaire qu’un riche banquier. Mais le pire serait de connaître un précaire s’estimant joyeux de vivre avec peu. N’est pas parasite qui veut !

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