Sans eau

L’eau, c’est la vie dit-on, donc penser le monde sans eau c’est comme penser à la mort. Et penser à la mort nous révèle notre niveau de maturation existentiel. Et nous n’aimons pas la mort car soit elle fait partir pour de bon des êtres qui nous sont chers ou soit elle fait disparaître l’individu que nous avons mis des années à parfaire. La mort donne tort à notre égo, alors pour éviter la remise en question, on se distrait à aimer ou à posséder, cela revient souvent au même.

fonds-ecran-desert-4

Il est difficile d’imaginer un monde sans eau car tout est lié directement ou indirectement à elle. Effectivement, l’espèce humaine ne pourrait pas vivre assez longtemps pour expérimenter un tel monde. Notre destin est donc lié à celui de l’eau qu’elle soit liquide ou morphogénique.

Ce monde n’est pas à sauver

Ce monde n’est pas à sauver
car nous sommes ce monde. Autrement dit, l’Amour. Dès que l’on comprend cela, que pouvons-nous bien faire ? Selon moi rien. Il ne nous reste plus qu’à nous voir dans chacun des regards de chaque être humain que l’on sera amené à croiser qu’il soit un ami, un ennemi ou un inconnu.

japon_motonosumi_inari_shrine

Ce monde n’est pas à sauver
car il n’existe pas. Il n’y a donc rien à sauver mais voir notre mental qui produit une projection erronée de la réalité en divisant le monde à travers une dualité bien connue qui sépare le bien du mal. C’est d’ailleurs parce que l’on s’estime dans le camps du bien que l’on souhaite sauver ce monde du camps du mal que l’on a identifié comme tel.

Lire la suite

Le son primordial… de l’eau

Dans cet article, je voudrais partager avec vous une prise de conscience qui m’est venue aujourd’hui en me promenant près d’une rivière. Il s’agit de la notion d’un son primordial que l’eau nous donnerait à écouter qu’elle soit rivière, ruisseau, mer ou pluie.

1200px-rain_on_the_field

On nous parle beaucoup du son primordial dans les sociétés ou philosophies traditionnelles, l’une des plus connues étant le fameux son OM.

Lire la suite

La Précarité Joyeuse

img_4459-1

Est-ce que la précarité peut être joyeuse ? Non.
Car le mot précarité est un mot triste qui est utilisé par ceux qui ont subi la dite précarité ou la craigne. Alors pourquoi un tel titre me demanderez-vous ? Car c’est un titre qui intrigue. Il résume bien les deux aspects de cette façon de vivre qui est à la fois difficile et fantastique.

Et puis…La précarité recèle des trésors métaphysiques de libération ontologique. Cette affirmation n’est pas théorique mais bien empirique, puisque j’ai vécu entre 2009 et 2016 ce qu’on appelle la précarité en ayant aménagé ma petite Peugeot 205 comme domicile principal. Attention, je ne fais pas la promotion de la pauvreté, mais je mets en avant ses avantages. Les inconvénients existent bel et bien et sont difficiles à vivre. Prendre le bon d’une situation difficile n’est pas faire preuve d’un positivisme écervelé mais il s’agit plutôt d’utiliser un pouvoir immense intrinsèque à tout être humain depuis des milliers d’années qui est l’adaptation. Nos ancêtres nous ont transmis la vie de cette manière. La drôle de coïncidence c’est que c’est par l’eau, où est née la vie biologique sur Terre, que je me suis retrouvé peu à peu dans la précarité. Mais ne vous y trompez pas tout est lié, la précarité avec l’adaptation, l’adaptation avec l’autonomie, l’autonomie avec la liberté, la liberté avec l’être, l’être avec la vie, la vie avec l’eau. En écrivant ces quelques lignes, je suis retombé sur cette phrase dont j’ignore l’auteur qui résumait fort bien une précarité joyeuse, « Cette véritable « ascèse » conduit au chaos, on ne sait plus, on doute, mais c’est alors que la vie évolue, s’enrichit, qu’elle inspire artistes et créateurs de toutes sortes. Une inversion, une conversion au sens étymologique, un retournement quand on abandonne nos structures de protection qui nous rigidifient pour accéder à cette capacité d’accueillir. ». Tout est dit.

Les articles qui suivent ont été écrit au jour le jour et sont affichés du plus récent au plus anciens. Bonne lecture !

Rencontre avec l’être de l’eau

Interview de la revue Orbs à l’occasion d’un hors-série dédié à l’eau en mars 2018.

orbsspecialeau
Rodolphe Forget est videaste et réalisateur. Depuis près de 10 ans, cet homme de l’image sillonne la France et le monde pour filmer l’eau de mille manières. Tout entier dévolu à sa mission, Rodolphe Forget nous invite à voir l’eau autrement, à renouer avec sa beauté première et fondamentale. A retrouver l’amour de l’eau.

Orbs : Comment tout a commencé ? Quel moment représente pour vous votre
première rencontre avec l’eau ?

Rodolphe Forget : Mon histoire avec l’eau a véritablement commencé pendant le tournage du film « The Experience : Being Water », que j’ai réalisé en 2009. Son tournage fut pour moi si bouleversant que je n’ai plus cessé depuis, de me passionner pour le sujet de l’eau. L’idée de départ était de faire un film sur l’être de l’eau. Mais comment rendre visible quelque chose d’invisible ? Comment mettre l’être de l’eau en image ? Je n’avais pour relever ce défi qu’une phrase de Goethe, récolté dans « le Chaos Sensible », le livre du chercheur allemand Theodor Schwenk : « C’est en vain que nous nous efforçons de décrire le caractère d’un homme ; par contre, que l’on réunisse ses gestes, ses actions, et une image de son caractère en ressort. » C’est ainsi que j’ai eu l’idée de tourner l’eau dans toutes les formes « macros » que nous lui connaissons : pluie, lac, océan, neige, fleuve, rivière, fontaines publiques, etc. J’ai alors parcouru 8 000 km en deux mois, du Canada au Mexique, en passant par le Grand Nord, où j’ai pu contempler la majesté de l’eau même si je n’ai ramené aucune image, et les Chutes du Niagara où là, au contraire, tout est calculé pour consommer visuellement de l’eau. J’ai filmé l’eau presque tous les jours, guidé par mon intuition, du matin jusqu’au soir. Mon lien avec l’eau ne s’est pas fait dans un laboratoire ou à travers des livres, mais en allant vers elle. Là où elle circule. Une relation intime s’est installée ainsi entre elle et moi, au point de la voir non plus comme une matière liquide essentielle à la vie mais comme un être vivant à part entière… J’admirais ses éclats, ses rondeurs. Sa force d’écoulement. Son son si harmonieux. Si doux. Si féminin. Si relaxant. J’ai appris à la regarder et l’écouter autrement. C’est à ce moment précis que la rencontre entre l’eau et moi a pu se réaliser. L’eau m’a enseigné par le son de la vie qu’elle porte en elle. Encore aujourd’hui je ressens l’effet de cette rencontre. Ainsi, lorsqu’il est question de l’eau, toutes paroles dégradantes ou méprisantes à son égard m’irritent, comme s’il s’agissait de ma mère. Pourquoi vouloir mettre en l’eau en images ? Est-ce d’abord le fruit d’une intuition, ou d’une démarche esthétique, réfléchie et délibérée ? J’exerce depuis des années la vidéo et la danse. Le maître mot de ces deux activités est le mouvement. J’ai donc très naturellement abordé l’eau sous l’angle du mouvement. C’est d’ailleurs ce qui la caractérise : à l’échelle macroscopique ou microscopique, l’eau est toujours en mouvement, à l’instar de la vie. On ne peut comprendre l’eau sans prendre en compte son mouvement. C’est pourtant ce que font malheureusement 95 % des experts du sujet de l’eau. Qui aujourd’hui remet en cause la formule chimique de l’eau H2O ou sa définition officielle dans les dictionnaires ? Quasiment personne, même si ces connaissances sont en partie fausses. La faute certainement aux livres qui présentent l’eau de manière statique, d’où l’importance selon moi d’utiliser un média comme la vidéo, qui stimule à la fois la vision et l’audition, pour (re)découvrir l’eau au plus proche de sa réalité.

Lire la suite

La dernière fois

Un jour de Février 2016, je me séparais de ma voiture, de ma Peugeot 205, de ma grande amie à quatre roues, de ma fidèle coéquipière. Ce jour, vous l’imaginez, ne fût pas très joyeux. Même si je ne doutais pas de ma décision, j’avais le cœur gros. Alors quand officiellement elle fût cédée à la casse du coin, je n’ai pas pu retenir ma larme. Au delà du fait de me séparer de mon principal habitat, je me séparais aussi de cinq ans de souvenirs. Je tournais la page de ma précarité joyeuse.  Lire la suite

Quand la précarité aide encore

Dans cet avant-dernier article, je souhaite parler de mon expérience d’écriture de ces 205 articles que j’ai écrit de Janvier à Novembre 2017. Quand je me suis séparé de MA PEUGEOT 205* en février 2016, j’avais en tête d’écrire le plutôt possible un livre (ou un blog) sur les avantages à vivre la précarité. Pourquoi cet empressement ? Car j’étais en train de tourner la page de la précarité et j’avais donc l’appréhension d’oublier. Je voulais laisser une trace, un témoignage pour tous ceux qui le trouveraient utile.

Lire la suite

L’adversité n’est pas un frein mais un moteur

Quand le précaire parvient à la résilience, il n’y a alors plus rien à attendre de la précarité, l’individu a fait son travail d’être humain à savoir transformer une faiblesse de surface (le statut social) en force intérieure (stoïcisme). Il ne s’est pas laissé piégé par l’apparence misérable de la précarité. Le titre « La précarité joyeuse » sous-entend la résilience tout comme le titre d’un livre bien connu d’un spécialiste de la résilience « Un merveilleux malheur » écrit par Boris Cyrulnik.

Lire la suite

La musique de ma précarité

Nous avons tous des musiques ou des chansons. qui collent à des souvenirs (bons ou mauvais). Si je devais en donner une que j’ai écouté au moins un million de fois pendant mes années à coucher dans ma voiture, je prendrai sans hésiter « Rise » composé pour le film « The Dark Knight », par Hans Zimmer compositeur allemand à Hollywood. Je vous invite d’ailleurs à écouter cette musique qui résume magnifiquement le message de tous les articles de « La précarité joyeuse ».

Lire la suite

La précarité artistique

Joseph Beuys

Il y a quelques jours, je suis tombé sur une vidéo étonnante d’un ARTISTE ALLEMAND* Joseph Beuys qui parlait de la place de l’art dans l’existence humaine. Je trouvais que son exposé faisait écho avec mon expérience de précaire du fait que son œuvre était inséparable de son parcours de vie. On parle de lui d’ailleurs comme d’un artiste-pédagogue, ce qui me semble correspondre à mon profil artistique, puisque j’expérimente moi-même ce qui plus tard donnera une vidéo ou un texte.

Lire la suite